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CHRONIQUES SEDANAISES V

Dernière mise à jour : 6 sept. 2025

 

Les 25 ans de ‘’Dugau’’

Préambule :

Le stade Louis Dugauguez va fêter ses 25 ans d’existence en cet automne 2025. Lors de sa construction en l’an 2000, il était présenté comme le stade du futur, moderne et fonctionnel.

Contrairement à une idée reçue, il ne s’agissait pas du troisième stade de l’histoire sedanaise – après le Bourrelet (1924 – 1936) devenu stade Emile Albeau (1936 – 2000). Voir à ce sujet la Chronique IV, mise en ligne en juin dernier.

Mais ‘’Dugau’’ est en réalité le quatrième stade ! En effet le stade Jean Stackler (1919 -1924)  a accompagné les premiers exploits de la jeune Union Athlétique Sedanaise (U.A.S.) dans l’immédiat après-guerre (1914/1918).

Et nouveau clin d’œil facétieux de l’histoire, ce premier stade était situé peu ou prou à l’emplacement actuel de Louis-Dugauguez. Autrement dit, sans le savoir, les footballeurs sedanais du XXIème tapent le ballon exactement au même endroit que leurs prédécesseurs pionniers du début du XXème siècle !

Je vous propose de plonger dans les vestiges du temps, à la (re)découverte de ces deux stades de l’UAS au CSSA !


I) Le stade Jean Stackler (1919 – 1924) :

Jean Stackler (1877 – 1916)

Après les premiers combats de l’été 1914, suivis par cinquante-deux mois d’occupation allemande en 14/18, Sedan est libéré le 17 novembre 1918, quelques jours après la signature de l’Armistice.

Durant cette période difficile et troublée de la Grande Guerre, les Sedanais sont progressivement privés de toutes leurs libertés. Le territoire du Sedanais devient un vaste camp de prisonniers où les Allemands pillent, et réquisitionnent en permanence… Le travail forcé est quotidien… Des civils sedanais sont déportés…

Au total, ce sont 667 Sedanais qui perdent la vie lors de la Première Guerre mondiale et qui voient leur nom inscrit sur le Monument aux Morts de la Place Nassau. Concordance des temps, ce dernier est inauguré une semaine avant le nouveau stade du Bourrelet (voir l’épisode I des Chroniques Sedanaises).

En ce 14 septembre 1924, des milliers de Sedanais se mobilisent dans la douleur et le respect.

 

Le retour à une vie normale entre les destructions, les blessés et les « gueules cassées » est quasiment impossible dans l’immédiat après-guerre (1).


L’usine Stackler, détruite par les Allemands en 1918.

 

Jean Stackler (1877 – 1916) fut conseiller municipal à Sedan. D’ailleurs, son père, Joseph Stackler, décoré de la guerre de 1870,  fut le maire de la cité de Turenne jusqu’en 1903. Issu d’une famille d’industriels alsaciens, Jean Stackler, manufacturier de profession, avait apporté dans ses usines tous les perfectionnements de la technique moderne.

 

L’avenue Philippoteaux se distingue par son enfilade de belles façades, témoins du passé prospère de Sedan, lorsque les drapiers régnaient en maître dans la ville. Ces demeures ont été érigées comme des vitrines de leur richesse et de leur savoir-faire.

Au n°63 de l’avenue Philippoteaux, la maison Stackler est bordée par la Meuse. Elle fut construite par Charles Joseph Stackler. La famille Stackler était de riches drapiers installés à Sedan. Ils l’étaient suffisamment pour se construire une maison dans le style palais vénitien.

 

Capitaine au 9e bataillon de chasseurs à pied, Jean Stackler trouva la mort sur le front de la Grande Guerre le 17 septembre 1916 au cours de la terrible bataille de la Somme (à Berny-en-Santerre). Chevalier de la Légion d’honneur, décoré de la Croix de Guerre, il fut inhumé à Sedan seulement en 1921. Présenté par la presse locale comme étant créatif, généreux et tenace, « il avait su conquérir une place importante dans Sedan » avant 1914 (2). En conséquence, le premier stade sedanais, celui de l’Union Athlétique Sedanaise porta son nom entre 1919 et 1924. Il était entouré d’une piste en cendrée pour la pratique de l’athlétisme, mais il était en revanche totalement dépourvu de la moindre tribune. Il se trouvait grosso-modo, très légèrement à l’est de l’emplacement de l’actuel stade Louis Dugauguez (3), englobé dans la promenade du Bourrelet.

Sur ce cliché en noir et blanc, on devine au second plan l’emplacement qui sera occupé un jour futur par le stade Emile Albeau, la rue Berthelot, dans le prolongement du boulevard Fabert.

 L’unique photo connue (non datée) du stade Jean Stackler (collection Jean-Pierre Legros)Sur la gauche, on peut deviner la présence de militaires encore en poste à Sedan.


Les deux photos ci-dessous sont prises avec le même angle de prise de vue depuis la tribune Sud du stade Dugauguez, alors en construction, avec un aperçu sur l’arrière de la Grande tribune d’Albeau  – la 4ème tribune du nouveau stade n’a pas été encore conçue - (photo datée du 25 juillet 2000 par Francis Sicot).



 Photo prise depuis le toit de la tribune Sud avec vue sur la 4ème tribune récemment terminée  (photo datée du 14 septembre 2001).


Quand le football essaie de reprendre ses droits après la guerre, d’anciens joueurs (notamment du Racing Club Sedanais), rescapés des tranchées de Verdun et de la Somme, tentent d’organiser un match - rapidement après l’Armistice du 11-Novembre - avec le 104ème régiment d’infanterie qui vient de rentrer dans la ville. Ce premier match se joue dans la prairie de Torcy non loin des fils de fers barbelés des Allemands et des tranchées du boulevard Fabert.

Cependant, assez vite, dans ces premiers mois libérés, les jeunes Sedanais préparent un nouveau terrain de jeu. Avant-guerre, il existait, rue Berthelot un grand étang. Ce dernier est coupé en deux parties par les remblaiements des décombres des maisons détruites boulevard de Lattre de Tassigny. Le nouveau terrain est ainsi nivelé (4).

Le principal problème rencontré dans ce premier stade est… l’eau avec un terrain souvent impraticable, voire de fréquentes inondations (La Meuse étant toute proche). Le nombre de matches annulés est assez élevé. Par exemple, le sol est totalement inondé pendant tout l’hiver 1923 ! Au même endroit, un siècle plus tard, le coach Olivier Saragaglia se plaignait régulièrement d’avoir « la pelouse la plus pourrie de France » ! (5)

 

Ainsi, le premier match disputé dans son stade originel (terrain diront certains) par l’Union Athlétique Sedanaise, créée avec les rescapés de la guerre, a lieu le 14 décembre 1919 contre le Stade Ardennais dans le championnat amateur et départemental des Ardennes (1ère série). L’U.A.S s’incline 3-2. Le journaliste du Petit Ardennais affirme que l’adversaire des Sedanais a gagné de « justesse » et qu’il a insisté à « une belle partie où des deux côtés on vit du beau jeu » (édition du 17/12/1919).

Dans Le Cri de Sedan du 21 décembre 1919, le reporter a observé que « ce résultat ne donne pas la physionomie du match (…) L’UAS a pendant les trois quarts de la partie, dominé ses adversaires. Seul le manque de finish des attaques menées à toute vitesse par les ailiers, a évité aux visiteurs une défaite. Il augure une saison glorieuse pour les Vert et Rouge s’ils veulent continuer à être les joueurs disciplinés, obéissant docilement aux directives de leur brillant capitaine ».

Les premiers joueurs sedanais a foulé la pelouse du stade Jean Stackler (un siècle avant Louis-Dugauguez !) ont pour nom : Viard, Blaise, Tilkin, Pierlot, Massonnet, Motsch, Brasseur, Bricau, Grunemberger, Lagalis, Moreau, Roynette, Vuarnier et bien sûr André Trubert !

A cette époque, de nombreux joueurs occupent également des fonctions de dirigeant, comme Viard qui est secrétaire de l’association, Pierlot est trésorier, Trubert et Grunemberg commissaires.

La première équipe de l’UAS (photographiée en juillet 1920) avec : Debout de gauche à droite : Schmitt (Président), Roynette, Vuarnier, Trubert, Lagalis, Motch, Tilkin, Ballot. Assis de gauche à droite : Moreau, Brasseur, Bricau, Viard, Grunemberger et Pierlot (collection Claude Lambert)

 

C’est également dans cette enceinte originelle que l’U.A.S fit ses grands débuts dans la Coupe de France (édition 1921/1922), une épreuve qui marqua fortement l’histoire sedanaise.


 Brève dans le Petit Ardennais, daté du 19 septembre 1921.


Ce dimanche 18 septembre 1921, par un mauvais temps, l’Union Athlétique Sedanaise fait sa première sortie en Coupe de France. C’est donc au stade Jean-Stackler qu’elle dispute cette rencontre.

D’après l’édition du Petit Ardennais datée du 21 septembre 1921, nous apprenons que 500 spectateurs étaient venus se masser autour du terrain, dépourvu de tribunes, mais équipé d’une piste d’athlétisme.

Les footballeurs sedanais vont faire mieux que se défendre face à la Société Sportive du Parc Pommery (SSPP), ancêtre du Stade de Reims. Les « Vert et Rouge », désignés tel quel dans le compte-rendu, jouent avec le vent, et attaquent régulièrement vers les « bois » du gardien rémois. C’est ainsi Pierre Vautelet qui marque le premier but sedanais en Coupe de France. En 2ème mi-temps, la défense de l’UAS fut héroïque pour résister aux assauts de la SSPP. D’ailleurs l’anonyme journaliste du quotidien local évoque le « courage et la volonté de gagner » de Sedan, les arrières et demis « marquant étroitement l’homme », sans oublier « la ligne d’avants digne de sa tâche ». Qualification sedanaise 1-0 !


 Sur cette photo recadrée de 1921, des joueurs tels que les frères Vautelet, Depaquit, Giguel ou encore Titeux, posent avec leur dirigeant. A l’arrière-plan, on peut apercevoir qu’une rambarde a été installée autour du terrain Jean Stackler (DR).


 Sur ce cliché de 1922, on devine sur la droite un toit

(se localisant peu ou prou à la place de l’actuelle tribune d’honneur ?)…

Est-ce que ce premier terrain avait un baraquement pouvant faire office de vestiaire ?

Est-ce celui construit par les Allemands en 1914 ?

Difficile à dire d’autant plus qu’aucune opération archéologique préventive ne fut réalisée lors des travaux de construction du stade Dugauguez en 1999 et 2000.


Les matches de l’U.A.S. dans le championnat départemental des Ardennes attiraient régulièrement un public nombreux, oscillant de 500 jusqu’à 1500 personnes, qui se massaient derrière des barrières installées autour du terrain.

En 1921, devant une foule considérable, l’U.A.S. y remporte son premier titre (le challenge du journal « Le Petit Parisien ») en s’imposant contre l’Union Athlétique du Collège Turenne (U.A.C.T.) – Photo collection Claude Lambert


Est-ce pour cette raison qu’une réflexion s’engagea assez rapidement au sein du conseil municipal sedanais pour réfléchir à un nouveau stade à Sedan.

Si quelques polémiques ont pu jaillir au milieu des élus sedanais quant à la future localisation du terrain (l’hypothèse du Champ-de-Mars sur les hauteurs de Sedan fut - pendant un temps - la préférence du premier édile sedanais), rester sur le site du Bourrelet garda la préférence des conseillers municipaux.

Bandeau du « Réveil de Sedan », 22/08/1920.


Enfin, il faut signaler que le stade Jean Stackler ne disparut pas avec le déménagement à proximité de l’U.A.S vers le stade du Bourrelet en septembre 1924.

En effet, diverses manifestations sportives (de course, d’athlétisme…) continuèrent de s’y produire les années suivantes. Sous la conduite du ‘’Père Trubert’’, une équipe d’ouvriers rénova d’ailleurs le terrain. La piste fut remise en état, élargie, ainsi que les virages furent améliorés. Deux vastes tribunes furent même montées au niveau de la ligne d’arrivée.

« Le Petit Ardennais », 29/08/1925.


L’anonyme journaliste local relate dans l’édition du 3 septembre que le « Challenge National des Mutilés fut un véritable succès, une foule considérable entourait le Stade portant le nom du glorieux capitaine sedanais Jean Stackler, les tribunes étaient plus que combles et le nombre d’entrées enregistré bat de loin le record de l’assistance pour une réunion sportive dans les Ardennes ».


Notes :

1) Liste non exhaustive d’ouvrages retraçant la dureté de l’occupation allemande pendant la Grande Guerre :

_ L’Enfant Yves Congar, Journal de guerre 1914-1918, présenté par Stéphane Audoin-Rouzeau, Paris, Editions du CERF, 1997, 287p.

_ Rigobert Faÿ, Sedan, prison sans barreaux. Journal de guerre (1914-1917), Charleville, Sopaic, 1997, 451p.

_ Docteur A. Lapierre, Les Allemands dans le Sedanais, l’invasion et l’occupation 1914-1918, Nouzonville, La Cerise aux Loups, 2001, 202p. (1ère éd., Les Allemands à Sedan, 1914-1918, Charleville, Emile Ruben, 1920).

_ Jean-Marie Mabillon, 1914/1918, Sedan ville allemande, Douzy, Patrimoine ardennais, Euromédia, 2010, 111p.

_ Collectif (Musée municipal de Sedan), Sedan, Ville occupée, 1914/1918, Vouziers, Imprimerie Félix, Editions Noires Terres, 2017, 127p.

_ Sébastien Haguette et Reinhold Weitz, Le bagne de Sedan, Études sur le travail forcé pendant la Grande Guerre, 2023.

2) « Héros sedanais », Le Petit Ardennais, 18 octobre 1919.

3) Marc Barreaud, Dictionnaire des footballeurs sedanais, 2010.

4) Jules Leroy, « Soixante de football », L’Ardennais, 18/01/1974.

5) Interview d’Olivier Saragaglia, entraineur du CSSA, sur Radio8 (diffusé le 16/01/2023).


II) Le stade Louis Dugauguez (depuis l’an 2000) :

1) La genèse du projet de nouveau stade (1993-1998) :


Au début des années 1990, le stade Emile Albeau commençait déjà à faire ‘’vieux’’.

Il avait fait l’objet de réguliers travaux d’entretiens, et de replâtrage pour cacher sa vétusté.

     

La Petite Tribune (1948) et la Grande Tribune d’Albeau (1955) étaient restées dans leur ‘’jus’’ depuis les années 50.

La petite tribune avait fait plusieurs fois l’objet de fermeture administrative et d’interdiction de recevoir du public.Son voisin de rue, le stade Vélodrome Jean-François Dury, n’a d’ailleurs pas passé le cap du contrôle de la commission de sécurité, et a vu sa destruction totale, opérée lors de l’été 1993.

A Sedan, côté foot,  la tribune de presse a été refaite, et des loges ont été conçues pour accueillir les sponsors du club et leurs invités (1991).

De plus, le contexte national et européen se prête également à améliorer le confort et à sécuriser les conditions d’accueil du public, surtout après les drames du Heysel (1985) et de Furiani (1992).

Dans ce sens, la Ligue exige davantage de places assises dans les enceintes sportives.

Depuis son retour dans le monde professionnel (à la suite de son titre de Champion de France de D3 en 1991), le CSSA court toujours après son prestigieux passé, et aspire – a minima – à se maintenir dans l’antichambre de la D1.

Après un brillant exercice 1992/1993, le Sedan de Francis Roumy et Michel Le Leflochmoan ne cache pas ses ambitions (accéder à la nouvelle ‘’Super D2’’, pour ensuite viser plus haut), accompagné par son principal investisseur, Pascal Urano, et un nouveau directeur sportif, Romain Arghirudis.

Dès la reprise de la saison 1993/1994, « L’Ardennais » se fait l’écho de l’idée de refaire Emile Albeau.


 L’année suivante (été 1994) : « L’Ardennais » précise les projets de la mairie de Sedan.


La rumeur insistante n’avait fait que monter pendant tout l’exercice footballistique 1993/1994 des Sedanais, qui parviennent à se maintenir lors de l’ultime journée sur le terrain de Rouen.

En conséquence, lors du dernier conseil municipal avant les congés estivaux 1994, le projet de grand stade a été abordé par les élus.

L’idée consisterait à porter la capacité de l’actuel stade Albeau à 21 000 places dont 17 000 assises.

Le coût de l’opération s’élèverait à 50 millions de francs.

Le conseil municipal s’est montré méfiant, dubitatif et très divisé, que ce soit dans la majorité RPR du maire Claude Vissac, comme dans l’opposition socialiste, emmenée par Jean-Paul Bachy.

Outre la prise en charge du financement global (partenaires publics avec le Conseil Général, le Conseil Régional, le ministère de la Jeunesse et des Sports, la FFF, ou privés), nombreux sont les représentants élus des citoyens sedanais à s’interroger sur la capacité démesurée du nouveau stade.

Le président du CSSA, Francis Roumy, présent dans l’assistance, argumente en évoquant le cahier des charges de la Ligue de football, et les obligations d’homologation d’un stade en Division 1. Parce que le CSSA 1994/1995 a de grandes ambitions sportives, et le recrutement est sur le papier très prometteur (avec des joueurs aguerris comme Bonora, Arpignon, Courtet, Lestrade…). Il insiste aussi sur le fait qu’un tel projet peut « contribuer à redynamiser la ville ». Sans parler de la future Coupe de Monde 98 organisée en France pendant laquelle Sedan pourrait peut-être accueillir les entrainements d’équipes nationales.

Au final, il est décidé de créer une commission (une Société d’économie mixte locale, S.E.M.L.) pour examiner la faisabilité du projet de cette nouvelle structure qui serait formée d’une seule tribune faisant le tour complet de l’intégralité du stade Albeau.


 

Ces deux documents (issus des archives municipales de la cité de Turenne) sur la réhabilitation d’Albeau ont été réalisés par le cabinet d’architectures J.C. Paulin et C. Mariotti au cours du printemps 1994. Le Crassier (ou terrain Christophe) et le stade Trubert seraient sauvegardés.

 

Malheureusement ce projet de rénovation intégrale du stade Emile Albeau sera mis entre parenthèses à cause de l’échec sportif du CSSA et de la mauvaise gestion de l’entraineur Christian Sarramagna.

En 1995, le CSSA tombe en National 1 (équivalent de la troisième division).

Pendant trois saisons, le club survit, échappant plusieurs fois à la disparition et la liquidation. Au printemps 1998, l’équipe aux couleurs Vert et Rouge retrouve la D2 grâce à son meneur d’hommes, Bruno Metsu et à ses « footballeurs chômeurs » (Les Nicolas Sachy, Luis Satorra, Eduardo Oliveira, Cédric Elzéard, Bruno Pabois, Pierre Deblock, Olivier Quint, Cédric Mionnet, Pius N’Diefi, Alex Di Rocco… devraient tous avoir une place à leur nom !)

« L’Ardennais », 12/11/1998.


Dès l’automne 1998, la nouvelle équipe municipale PS réfléchit au défi lancé par son équipe de football.Dans sa réflexion, elle se projette sur un horizon de moyen terme, entre 3 à 4 ans.

Accompagné par monsieur Girardot, président de la commission des stades de la Ligue, un cabinet d’architecte planche alors sur un double projet lui-même dédoublé :

_ Soit réhabiliter Emile-Albeau à 12000 places assises (4400 seulement en 1998) avec extension possible à 17000.

_ Soit construire du neuf, juste à côté, sur le terrain dit Trubert (ancien joueur de l’U.A.S. de l’entre-deux-guerres, puis dirigeant de l’U.A.S.T. après la Libération).

L’ensemble est bien évidemment chiffré, et les coûts sont assez avoisinants.

Le conseil municipal vote le lundi 21 décembre 1998 la décision historique de construire un nouveau stade à Sedan par 26 voix pour, un contre et 4 absentions.

« L’Ardennais », 22/12/1998.


Le financement global (66 MF) est acté, avec un seuil maximum de 15 millions de francs pour la ville de Sedan à ne pas dépasser. Le cahier des charges sera établi en début d’année 1999, et la conception-réalisation interviendra ensuite. Dans son article, Pascal Rémy conclue que « la création d’un stade plus moderne et digne de l’an 2000 ne doit pas couper Sedan de son authenticité. A savoir son ciment populaire ».

Le terrain d’athlétisme Trubert avait été mis en place en même que l’aménagement de la ZUP et de quartier du Lac dans les années 1960. Et ironie de l’histoire, il se trouve donc à l’emplacement originel du stade Jean Stackler !


2) Qui était ‘’Monsieur Louis’’ ?

Louis Dugauguez (1918-1991)

La séance du conseil municipal de Sedan, qui s’est tenue le jeudi 2 septembre 1999, a voté à l’unanimité le choix du nom du nouveau stade : Ce sera le stade Louis-Dugauguez !

 

L’entraineur mythique de Sedan est étroitement lié à la grandeur et à l’âge d’or du football sedanais qui correspond à l’époque de Trente Glorieuses.

Son père, Marceau Dugauguez, mineur dans le Nord, fut gravement blessé aux Eparges pendant la Première Guerre mondiale. Avec son épouse, Irma, ils décidèrent de finir le conflit loin du Front en Charente-Maritime où naquit Louis Dugauguez le 21 février 1918.

Il fit de solides études (jusqu’au Brevet supérieur), et devint instituteur, l’incarnation même des fameux ‘’Hussards noirs’’ de la IIIème République : Sévère, mais juste ! Exigeant, et bienveillant !

Parallèlement, il était également brillant dans le domaine du football.

Il fut par exemple Champion de France amateur avec Béthune en 1938. Il réussit à signer en professionnel avec le RC Lens (jouant six rencontres de Première Division) comme inter.

Cependant, la Drôle de guerre, suivie par l’ « étrange défaite » (Marc Bloch) de 1940 mirent fin à sa carrière de footballeur professionnel. Au sein du 215ème Régiment d’Artillerie de Sézanne, il combat avec fougue les Allemands. Refusant d’être fait prisonnier, il parvint, depuis Dunkerque à gagner l’Angleterre. Il passera le reste de la Seconde Guerre mondiale, dans le Sud de la France, à Toulouse.

A la Libération, il retourne vers son cher Nord, poursuit dans sa vocation d’instituteur, tout en entrainant l’équipe de foot de Carvin.

Puis le hasard, le destin ou la providence (vous choisirez selon) va mettre Sedan sur la route de Louis Dugauguez : Fernand Warembourg était le démarcheur pour les industriels du textile sedanais dans le Nord. Il y possédait un magasin, et, surtout, était également le président de l’US Carvin.

Par un beau jour de l’an 1948, de passage au ‘’Mouton d’Or’’ à Sedan, Warembourg échange avec les patrons des ‘’Draperies Sedanaises’’, Maurice, Lucien et Jean-Claude Laurant, qui viennent tout juste de prendre la direction de l’UAST (après avoir été sollicité par André Trubert et René Muller). Les frères Laurant cherche un entraineur pour remplacer Jules Weinstock qui vient d’échouer à faire monter le club de Sedan en Division d’Honneur en terminant à la cinquième place de la « Promotion » !

Après un temps de réflexion (notamment avec le paternel), et souhaitant se donner un nouveau défi, Louis accepta la proposition de la direction sedanaise pour devenir à la fois directeur commercial du ‘’Mouton d’Or’’ et entraineur-joueur (il a alors 30 ans) de l’UAST. Il arrive avec dans ses bagages deux joueurs polonais (Czekaj et Sereck) du Nord, son cousin Albert Eloy, et son frère Claude. Un match amical Sedan/Carvin solde l’accord le 1er mai 1948 au cours duquel son futur ami Henri Nicolas se chauffe, voire même se ‘’bastonne’’ avec son prochain entraineur !

L’UAST 1948/1949 (saison d’arrivée de Louis Dugauguez), Champion invaincu de Promotion Marne-Ardennes.


A partir de cette arrivée, ‘’Monsieur Louis’’ a dirigé Sedan 1032 fois entre 1948 et 1974 ! Un record !

Perfectionniste, travailleur, et mettant en avant la dimension physique du jeu (précurseur en la matière), il créa ce concept des ‘’footballeurs-ouvriers’’ où les joueurs partageaient leur temps entre l’usine et les entrainements (à 6 h du matin, le midi, et le soir après la journée de labeur).

Ses principes de vie, autour de la solidarité, de l’abnégation, de la cohésion du groupe, le don de soi sur le terrain et l’humilité, ont parfaitement sied au contexte sedanais où le public se reconnaissait dans les équipes qu’il dirigeait.Chaque période faste de l’épopée sedanaise a été possible avec des joueurs incarnant cet état d’esprit du coach !

En conséquence, il permit à l’UAST de connaitre une ascension fulgurante de la Promotion (1948) à la Première Division (1955), de gagner les deux trophées majeurs de l’histoire du club (La Coupe de France 1956 et 1961), d’être Champions de France (de CFA en 1951, de D2 en 1955), de remporter le Trophée des Champions (1956), de disputer des Coupes d’Europe, et de frôler le titre de Champion de France de D1 (1963).

Sous son impulsion, la petite sous-préfecture des Ardennes disputa 17 saisons dans l’élite, et corrigea son image attachée aux défaites militaires passéistes pour en faire celle des ‘’Ardents Ardennais’’ connus mondialement !Ses exploits sedanais lui offrirent le poste de sélectionneur national des Bleus (1967-1968) : L’équipe de France connaissait alors une traversée du désert.  Il démissionna au bout de deux ans, déçu, sans avoir pu aller au bout de ses idées à la tête de la sélection nationale…


 « Football Magazine », n°95, décembre 1967.


Il prit sa retraite sportive en 1974 après avoir échoué à faire remonter le nouveau CSSA en D1. Le football avait alors changé (avec en autre l’instauration du contrat à temps). Il continua à tenir ses magasins de sport, et garda quelques contacts avec l’Ecole de Football Sedanaise notamment, et Pierre Bohant en particulier. Il revint une dernière fois s’asseoir sur le banc de touche du stade Emile Albeau (qu’il avait côtoyé 26 ans durant) le 11 juin 1977 à l’occasion d’un match de gala entre Sedanais d’aujourd’hui et d’hier, et ce devant 5000 fidèles présents.

Pour conclure, quoi de mieux que de (re)lire les deux réponses prononcées par Roger Lemerre - défenseur de l’UAST dans les années 60, et entraineur du CSSA en 2016 - interviewé par Gérard Kancel pour « L’Union » (23/11/1998) :

 


Louis Dugauguez s’est éteint le 22 septembre 1991 à Sedan, sa ville d’adoption.

Avec sa disparation, c’est tout un pan du passé du club de football de Sedan qui bascule alors dans l’histoire.

La Une de « L’Ardennais » au lendemain de sa mort, est tellement évocatrice de son empreinte sur le football sedanais


La Grande Tribune du stade Emile Albeau avait été renommée en son honneur dans la dernière décennie d’existence du temple sportif ardennais.

Avant que l’équipe municipale et sportive de Sedan décide de franchir le pas avec la construction du quatrième  stade éponyme, au tournant du nouveau siècle naissant.


3) La construction du nouveau stade (1999- 2001) :


C’est donc sur l’ancien stade Trubert (datant des années 60) que la nouvelle enceinte sedanaise va voir le jour ! Et en fixant l’épaisseur du temps, on pourrait aussi affirmer que le terrain de jeu originel (Jean Stackler) des footballeurs sedanais de l’après-guerre, survivants des tranchées de 14/18, allait renaitre de ses cendres !


   Vue panoramique  depuis la tôle rouillée de notre cher Emile Albeau, un terrain de basket/handball (à gauche) et d’athlétisme (à droite) sont voués à disparaitre pour laisser la place au futur temple footballistique !


 

_ 3 février 1999 : Sous la présidence de Roger Aubry, les élus du Conseil Général ont voté la participation financière du département à hauteur de 50% du coût total (estimé à environ 65 MF) pour un stade neuf de… 12000 places.

_ 13 juillet 1999 : Alors que le « CS Sedan prépare sa révolution » (dixit « Le Journal du Football », juin 1999), en combinant sa montée en D1 et les aménagements nécessaires du stade Albeau avant la reprise du championnat, une mauvaise nouvelle tombe lors du dernier conseil municipal avant la pause estivale. Le jury avait retenu un groupement rémois (‘’SNRD-Picard-SAE Cabinet Jean-Philippe’’) le 28 juin précédent par 8 voix pour et 2 contre. Il y avait eu cinq entreprises en compétition. Deux projets avaient été jugés recevables. Au final, SNRD avait été choisi pour la qualité architecturale - compatible avec l’environnement – de son stade de… 17000 places assises et couvertes (l’augmentation de la capacité ayant été vite actée à la suite de l’accession en D1 du CSSA).

Mais coup de théâtre lors de la séance du 13 juillet où le maire Jean-Paul Bachy dut retirer la question à l’ordre de jour après constatation par le secrétaire général, Mr Collin, d’une erreur… d’addition (2 millions de francs !).Le projet va donc prendre du retard, mais le maire donne rendez-vous à la rentrée !


 1ère maquette du futur stade (juillet 1999)


_ 31 aout 1999 : Au retour des vacances d’été, nouveau rebondissement au Conseil municipal ! Après la mémorable erreur d’addition de juillet, le jury a décidé de changer d’avis (par 8 voix pour et 5 contre), et de désigner un nouveau lauréat – le concurrent finaliste – à savoir, le concepteur-réalisateur sera ‘’Tarmac BTP Thouraud – Mariotti Paulin’’ pour un coût inférieur de 3 millions de francs (le total étant désormais fixé à 87 MF).

Un délai d’un mois et demi a été perdu ! Mais tout le monde espère le nouveau stade pour le 1er juillet 2000 !

 

2ème maquette du futur stade (septembre 1999)


_ 2 septembre 1999 : A l’unanimité, le conseil municipal a accepté de le dénommer stade Louis-Dugauguez.

Il a également été question du surcoût (passage de 66MF à 87 MF, de 12 à 17000 places) en raison de l’ascension sportive du CSSA. Dominique Billaudelle (groupe Sedan 2000) envisage de demander au club de faire également un effort financier de 4 à 5MF.

_ 15 novembre 1999 : Un périmètre de sécurité vient d’être délimité sur l’emplacement du futur stade avec une clôture de plusieurs centaines de mètres !

En conséquence, les terrains Trubert et Christophe ainsi que l’aire de jeux ne sont plus accessibles.

Le coût du stade est réévalué à 104 millions de francs, avec une possible extension à… 24000 places !

Dans un premier temps, sa construction en U est confirmée, sur le modèle du stade Michel d’Ornano à Caen.

Comme toute enceinte moderne, il est question de vestiaires, de vingt loges et d’un restaurant pour un accueil de 800 VIP, d’un système de vidéo-surveillance, de deux club-houses, et d’une boutique.

Il faut aussi souligner que l’enquête d’utilité publique et l’étude d’impact ont fait apparaitre des difficultés techniques spécifiques (étroitesse du site, insertion du projet dans l’environnement, sous-sol particulier, bord de Meuse…).

_ 21 décembre 1999 : Un an jour pour jour après la délibération favorable du conseil municipal, le permis de construire est enfin signé ! En suspens depuis une quinzaine de jours, plusieurs points avaient retardé ce moment fondateur (plan de circulation rejeté par la DDE, stationnement, évacuation, trajet stade/hôpital…). La sécurité des personnes est certes primordiale. Les chances de voir le CSSA commencer la future saison à Dugauguez sont de plus en plus faibles. Albeau va faire encore un peu de rabe ! Ce qui rend philosophe, Michel Bérard (président délégué du CSSA) : « Après tout, un ou deux mois de retard dans un stade appelé à avoir une durée de vie de 50, 60 ans ou plus… ».

Le début du chantier est imminent !

C’est le deuxième cadeau de Noël consécutif pour les amoureux du CSSA !

Les pelleteuses sont immédiatement entrées en scène ! A l’arrière, on aperçoit la Grande Tribune d’Albeau (Photo « L’Ardennais »).


_ 5 janvier 2000 : Le chantier est lancé avec les premiers ‘’coups de pioche’’! Début officiel des travaux !

Le constructeur Gérard Mitout (PDG de la société Thouraud) qui ne craint que le gel hivernal et la neige pour ce gigantesque chantier, se trouve au milieu de cette plaine boueuse sur laquelle le ballet des camions est incessant !

Deux grues vont rapidement faire leur apparition sur site. Le chantier va se faire par séquences successives, avec des coffrages spécifiques pour couler les portiques et les gradins. L’ensemble des tribunes sera soutenu par 526 pieux de différents diamètres dont l’installation va courir jusqu’à la mi-février !


 Début janvier 2000, c’est parti !

La 3ème et dernière maquette présentée par le cabinet d’architectes lorrain J.C. Paulin et Ch. Mariotti (janvier 2000).


_ Février 2000 : 4 grues (la plus haute monte jusqu’à 54 mètres de hauteur !) s’activent sur le chantier. Si le terrain est boueux, l’avancée des travaux est jugée normale par les équipes d’ouvriers. Et la première tribune commence à sortir de terre. A la fin, elle devrait mesurer jusqu’à 27 mètres de haut !

20/02/2000 : Jour de match à Albeau (un ¼ de finale de la Coupe de la Ligue contre le Red Star) : Les grues dominent le stade ! (Photo DR)

On devine la future tribune présidentielle (Photo « L’Ardennais », 23/02/2000).


_ 4 mars 2000 : La première ‘’pierre’’ du stade Louis Dugauguez a été posée symboliquement par les élus des collectivités territoriales (Jean-Claude Etienne (Région Champagne-Ardenne), Roger Aubry (Département des Ardennes) et Jean-Paul Bachy (Ville de Sedan)) et d’autres représentants officiels (sous-préfet et état) devant environ 200 supporters qui se sont déplacés.

 

Des anciens joueurs de l’époque du Grand Sedan (Louis Lemasson, Yvan Roy, Christian Perrin et Maryan Synakowski) sont venus pour la « première pierre » du nouvel écrin du CSSA.


Pour l’anecdote, point de première pierre posée d’ailleurs, mais un CD-Rom (contenant les plans du futur stade, la liste des entreprises, des partenaires financiers et des photos souvenirs) a été enfoui dans le béton à la truelle sur le lieu de la future tribune d’honneur, côté Albeau.

Après avoir précisé les valeurs de ‘’Monsieur Louis’’ (« l’intégrité, la rigueur et la passion » de l’homme), le maire de Sedan rappela dans un discours le double défi technique et moral que représentait l’édification de ce stade et ce chantier pour le département des Ardennes.

 

Madame Andrée Dugauguez, épouse de l’entraineur de l’UAST (qui se tient sur la droite de Mr Bachy, derrière le micro) est prise par l’émotion, mais parvient à prononcer ces quelques paroles :

« Merci à tous ! A ceux qui se souviennent. Et allez Sedan ! » (Photo « L’Ardennais »)



 Photo prise le 11 mars 2000 (« Vert et Rouge »).


_ 6 avril 2000 : Plusieurs élus se sont rendus sur le chantier pour une visite guidée et faire le point avec Maurice Pellerin, le conducteur des travaux principal. Les travaux avancent bien, malgré un retard de deux semaines sur le planning initial (en raison notamment d’un terrain où des trous d’eau apparaissent régulièrement et sont à drainer chaque matin). L’adjoint au maire, Claude Georgin indique qu’aucune décision n’a encore été prise pour une éventuelle 4ème tribune, ni pour l’avenir du site d’Albeau.

 

Les élus en visite de chantier (Photo « L’Ardennais »)

Jour de match à Emile Albeau (Sedan/Bordeaux en D1, 7 avril 2000) avec en arrière-plan Dugauguez qui apparait progressivement (Photo « L’Ardennais »)


_ 15 mai 2000 : Alors que le CSSA vit un psychodrame (bien que terminant 7ème de D1 et se qualifiant ainsi en Coupe Intertoto, les dirigeants décident – à la surprise générale – de limoger l’entraineur principal, Patrick Rémy), le conseil municipal adopte le principe de la construction d’une quatrième tribune au stade Dugauguez. Les débats ont été passionnés, mais une bonne majorité des élus a voté en faveur (20 pour, 11 contre, 2 absentions) afin de rendre « l’ensemble achevé, fonctionnel, intégré et cohérent ».

Autre argument avancé : des places moins chères derrière les buts ! Le passage du stade à environ 24 000 places (soit davantage que la population sedanaise) devrait entrainer un surcoût évalué entre 30 et 40 MF.

 

Alors que Dugauguez est encore dans un état ‘’squelettique’’, les élus votent pour l’achèvement d’une 4ème tribune.


Par ailleurs, le CSSA a fait la demande de commencer la future saison de D1 par deux rencontres à l’extérieur dans l’espoir de… En réalité, il va vite s’avérer que le chantier prendra 26 jours ouvrables de retard (conditions climatiques, les jours de matchs où tout est bouclé…). Sedan va donc jouer à Albeau encore 4 matches à la reprise.

 

16 juin 2000 : Je pose à l’emplacement de la future boutique du club (Photo DR)

La future tribune d’honneur (Photo DR)

La future tribune présidentielle (Photo DR)

La future tribune Sud (Photo DR)

Carte postale de l’été 2000


_ mi-aout 2000 : La pelouse est progressivement posée. Arrivée par gros rouleaux, et jugée trop meuble par les joueurs, elle ne tiendra que… deux matches avant d’être (déjà) changée !


 

Photo prise le 17/08/2000.


_ 28 septembre 2000 : La réunion du conseil municipal fut animée entre l’organisation du complexe Louis Dugauguez (avec les associations locales et autres maisons de quartier), l’examen du financement de la 4ème tribune et l’avenant au marché avec Thouraud, le désenclavement de la ZUP, et le devenir du site Albeau. A ce sujet, tout est sur la table : parking, espace vert, aire de jeu… Il est aussi question au niveau de l’ancienne tribune verte de faire une grande billetterie, une boutique et un club house. A suivre !

Pascal Urano, le boss du club, engage le CSSA à participer à hauteur de 10 millions de francs dans la facture de la dernière tribune.

_ 6 octobre 2000 : Homologation du stade Louis-Dugauguez par les dix-huit services instructeurs représentant la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité (après deux avis défavorables, les 22 aout et 19 septembre). En début d’après-midi Jean-Paul Bachy signe l’arrêté d’ouverture de ce « nouveau temple du football ».

_ 7 octobre 2000 : Inauguration officielle du stade Louis Dugauguez à 11h.

Devant environ 2000 supporters, le tout 08 officiel, la famille Dugauguez (sa veuve Andrée, ainsi que ses enfants Marc, Evelyne, et Marie-Thérèse, ses petits-enfants, et son frère Claude), et le président du CSSA Pascal Urano étaient présents, en respectant le protocole, et les discours attendus.

Le député Jean-Luc Warsmann aide Mme Dugauguez à couper le ruban,

un moment fort qui rentre dans la légende du sport ardennais.


 Beaucoup d’anciennes gloires du club sont venues assister à cette page d’histoire :

Maryan Synakowski et Maurice Laurant


Une exposition retraçant la vie de Louis Dugauguez est visible tout le mois d’octobre à l’hôtel de ville de Sedan. Elle fut possible grâce aux collections de la famille Dugauguez, ainsi que des documents personnels de Pierre Bohant.D’autre part, le vendredi 13 octobre, un film d’une trentaine de minutes est projeté à l’amphithéâtre Pierre Mendès-France. Il a été réalisé par des élèves du collège Le Lac, avec la ville et le CDDP.


 Plaquette souvenir de 4 pages pour la cérémonie d’ouverture du stade Dugauguez.


_ 10 octobre 2000 : Premier match officiel au stade Louis-Dugauguez :

 

Carte postale de l’inauguration

 

Une de « L’Ardennais », 7/10/2000.


 Affiche collector : Sedan, club centenaire, ou le défi permanent !


Ce mardi 10 octobre 2000, devant une assistance de 13 366 spectateurs, l’histoire retiendra que c’est le défenseur sedanais Eddy Capron qui a inscrit le premier but dans ce nouveau stade au gardien international Bernard Lama, d’une belle tête smashée ! 

Ce match en retard de la 6ème journée de D1 (interrompu le 6 septembre précédent à cause de pluie diluvienne sur Albeau) fut retransmis sur Canal+. Il faut revoir cette première minute de prise d’antenne de la chaine cryptée où l’on aperçoit le vieux Albeau s’éteindre, et la caméra s’orienter doucement vers le nouvel antre des Sedanais.

 

Capture d’écran sur l’antenne de Canal+ : Albeau s’éteint définitivement !


 

Sedan s’imposa 2 -1 avec des buts de Capron (10ème) et Celdran (41ème) contre une réduction du score de Turdo (55ème) pour le Stade rennais.

Le coup d’envoi de la rencontre fut donné conjointement par Roger Lemerre (Champion d’Europe 2000 avec les Bleus) et David Douillet (Champion olympique).

Une belle fête du football pour ce match inaugural, nonobstant deux faits de jeux : Un ballon qui explosa lors d’un contact entre deux joueurs et une panne de courant d’une dizaine de minutes en seconde période!


 Clin d’œil de l’Histoire et passation de pouvoirs :

Un feu d’article est tiré depuis Albeau après la victoire du CSSA dans sa nouvelle demeure.

 

Une de « L’Ardennais » (11/10/2000) sur laquelle David Douillet et Roger Lemerre présentent au public sedanais la Coupe d’Europe remportée par l’équipe de France contre l’Italie, le 2 juillet 2000.


           Fiche technique du premier match joué à Louis-Dugauguez (« L’Equipe », 11/10/2000).


_ 30 et 31 mars 2001 : Dans le but de fermer entièrement le stade Dugauguez, il est devenu impératif de… raser la Grande Tribune d’Albeau. Celle-ci avait été bâtie en 1955. Et l’histoire semble se répéter, puisque déjà dans ce mitan des années 50, la nécessité sportive (la première accession de l’UAST en D1) avait amené les dirigeants sedanais à détruire la vieille tribune datant du Bourrelet. A ce propos, la nouvelle tribune d’Albeau (uniquement en place debout dans sa première version) avait été légèrement reculée par rapport à sa devancière. Il avait alors fallu couper tous les peupliers présents, et supprimer un petit ruisseau qui allait se jeter dans la Meuse…

Quoi qu’il en soit, une poignée de fidèles assista en cette triste journée de mars à la fin d’un demi-siècle de football ouvrier et populaire qui s’envola en poussière…


 30 mars 2001 : Juste avant le passage à l’acte…

 

31 mars 2001 (Photos Claude Lambert)

 

Et après… (25/05/2001 – Photo DR)

Voici quelques photos tirées du site internet tenu à l’époque par Francis Sicot :


 La Grande Tribune a totalement disparu… Le jour de Sedan/Guingamp (7/04/2001)


 La 4ème tribune commence à émerger (13/06/2001).


 23/06/2001

 

30/06/2001


 10/07/2001


 22/07/2001


 12/08/2001


 24/08/2001


 Carte postale de l’été 2001


_ 16 septembre 2001 : Ouverture officielle de la quatrième tribune du stade Dugauguez.

C’est à l’occasion de la réception de l’OM que le premier match à Dugauguez dans une configuration fermée eut lieu. Dans les jours précédents la venue de Marseille, ce ne sont pas moins de 80 ouvriers qui s’activèrent de jour comme de… nuit pour finaliser les derniers détails ! L’homologation pour l’ouverture de la quatrième tribune ne fut accordée que quelques heures avant la rencontre.

Pour cette première, le stade n’était pas… plein. Il y avait tout de même 20150 spectateurs (première fois qu’une affluence à Sedan dépassait donc la barre des 20000 personnes). Il faut rappeler le contexte très particulier de ce match (retransmis sur Canal+) : Il se jouait quelques jours seulement après les attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis. Une poignante minute de silence (où les capitaines Franck Leboeuf et Luis Satorra, main dans la main, se recueillirent) n’empêcha pas une belle ambiance au cours de cette partie qui se solda par un nul 1-1 (ouverture du score marseillaise par Van Buyten à la 16ème, suivi par la rapide égalisation de Laurent Peyrelade dès la 20ème minute).

_ Août 2002 : Ouverture du Club House et de la boutique « Espace Vert et Rouge »

Il a fallu patienter un an aux fidèles supporters sedanais pour pouvoir investir deux lieux de vie conviviaux. Les ambitions initiales ont été revues à la baisse. En effet, dans un premier temps, le club avait souhaité mettre en place deux clubs house (tribune nord et sud). Les plus anciens (ceux qui ont connu le Club House d’Albeau) l’ont d’ailleurs longtemps trouvé assez impersonnel. La boutique avait aussi un plan d’origine deux à trois fois plus vaste. De même une seconde billetterie sur le site d’Albeau n’a jamais vu le jour, ni le projet de Musée… pour le moment !

 

‘’L’espace Vert et Rouge’’ et le Club House ont été installés dans l’angle des tribunes d’Honneur et Nord.



     

Les supporters peuvent y trouver leur bonheur en produits dérivés « CSSA » !

 

4) Quelques données quantifiables :


 

Enveloppe éditée par la Poste pour la naissance du nouveau stade, en octobre 2000.

a) Des chiffres :

_ Coût global : 104 MF (87 MF hors taxes), convertis en 15,8 millions d’Euros :

- 43,5 MF : conseil général

- 17.4 MF : conseil régional

- 18,8 MF : ville de Sedan

- 6 MF : Etat (Ministère de la Jeunesse et des Sports via le FNDS (Fonds national pour le développement du sport).

- 735 000 F : FEDER (Europe)

Avec la 4ème tribune (incluant la destruction de la Grande Tribune d’Albeau pour 700 000 francs) : 40 MF, convertis en 6 millions d’Euros.

- 20,1 MF : conseil général (50% du total)

- 8 MF : conseil régional

- 10 MF : CSSA (25 %)

- 2 MF : ville

_ Record de temps de construction du stade en forme de U : 9 mois et un jour (du 5 janvier au 6 octobre 2000).

_ 30 000 mètres carrés de chantier (dont 7000 de locaux couverts et exploitables).

_ 17082 places, 192 places en loge, deux salons VIP (278 et 294 places), 68 places officiels, 60 pupitres de presse. Puis 6132 places supplémentaires et 32 loges supplémentaires.

Soit un total de 23200 places.

_ Chantier de 6h à 22h

_ 750 000 heures de travail

_ 120 personnes en permanence… 250 quand tous les corps de métiers ont travaillé ensemble.

_ 38 entreprises

_ 4 grues sur chantier

_ 23750 tonnes de béton, 550 tonnes d’acier et 500 tonnes de charpente.

_ 8,7 kms de gradins bétons préfabriqués.

_ 8600 mètres carrés de toiture.

_ 8500 mètres carrés de pelouse (comprenant 3 niveaux de drains et un système d’arrosage automatique).

_ Eclairage de 1457 lux.

_ Une aire de jeu de 105 mètres sur 68.

_ 1100 mètres carrés de locaux et bureaux.

 

b) Des statistiques :

 

Affiche imprimée par le club pour célébrer les 10 ans du stade Dugauguez (octobre 2010).


En arrêtant les statistiques au 1er septembre 2025 (donc en comptabilisant la réception de Chaumont en R1) :

Toutes compétitions confondues (L1, L2, National, National 2, CFA, CFA2, R1, R2, R3, Coupe de France, Coupe de la Ligue, Coupe des Ardennes, et Coupe UEFA), 454 matches ont été joués au stade Louis Dugauguez.

229 victoires   129 nuls   96 défaites

Les deux joueurs qui ont disputé le plus de parties à domicile sont Patrick Regnault (149 matches joués), et Marcus Mokaké (132)

Les deux joueurs les plus prolifiques en terme de réalisations sont Marcus Mokake (30 buts) et Stéphane Noro (29 buts).

En Ligue 1, en 68 rencontres disputées, le CSSA a engrangé 25 victoires, concédé 28 nuls et perdu 15 fois. Les Sangliers ont inscrit 97 buts et en ont encaissé 66.

Le plus gros score du CSSA pour une victoire : Sedan/Revin 9-0 en R3 (25/11/2023).

La plus grosse défaite du CSSA à domicile : Sedan/Nancy 0-4 en L2 (21/02/2004).

Meilleure affluence au stade : 23 130 spectateurs pour Sedan/Guingamp en L2 (12/05/2006).

Plus faible affluence à domicile : En championnat contre Villers Semeuse (B) : 830 spectateurs (23/03/2024).

                                                      En coupe des Ardennes : contre Villers-Semeuse : 546 spectateurs (29/05/2024).

                                                      Signalons un huis clos lors de la crise sanitaire du Covid : Sedan/Angers en 1/8ème de finale de Coupe de France, le mercredi 7 avril 2021.

 

Meilleur total sur une saison : 295 786 personnes lors de la saison 2002/2003.

Plus faible total sur une saison (hors saison Covid) : 12 467 personnes lors de la saison 2023/2024.

Uniquement en championnat, en 25 saisons, ce sont plus de 3 millions de personnes qui ont franchi les entrées du stade (3 023 765 précisément).

La moyenne générale s’établit à 6890 spectateurs.

Il est évident que depuis 2023, la moyenne de l’affluence n’a fait que baisser.

 

Hors CSSA,

_ France/Lettonie chez les Espoirs (2/06/2012).

_ France/Pays-Bas chez les Espoirs (30/03/2015).

_ France/Norvège chez les Bleues (11/07/2017).

_ France/Grèce chez les Bleues (6/09/2022).

 

Hors football, il y eut le concert de Johnny Hallyday devant 17000 fans le mercredi 29 juin 2016.

 

5) 5 matches à retenir pour 5 lustres d’histoire :

_ 2 décembre 2000 : Dans un stade archi-comble, le CSSA écrase le PSG 5-1 dans une ambiance extraordinaire. Ce match rentre dans la légende de l’histoire locale. Le petit club ardennais terrasse le gros club de la capitale. Ce jour-là, les Sedanais sont plus que fiers de leur équipe de ‘’footballeurs oubliés’’ par le foot business. Le dernier but du match, signé par Cédric Mionnet, est un véritable pied de nez à l’establishment parisien ! Après la rencontre, le coach du PSG sera purement et simplement remercié !

Nul ne doute qu’avec la demi-finale jouée contre Le Mans l’année précédente dans l’ancien stade, ces deux rencontres ont fortement marqué une génération de supporters !

 

Ce 2 décembre de l’an 2000, le héros sedanais est l’attaquant camerounais, Pius N’Diefi, auteur d’un triplé, resté dans toutes les mémoires des fans du CSSA, face au gardien du PSG, Lionel Letizi (Photo « France-Football »)


 Une de « L’Equipe » (3/12/2000)

Ce soir de décembre, c’est Sedan qui était magique !

 

Note : J’ai hésité entre ce match légendaire contre le PSG, et la rencontre Sedan/OM, joué trois semaines plus tôt, le 11 novembre 2000 où le CSSA finissait le match en tant que leader de la D1 à Louis-Dugauguez !

 

_ 27 septembre 2001 : Sedan/Pribram (République Tchèque) en Coupe UEFA ou le seul match européen joué à Dugauguez ! Sedan n’avait plus connu de participation en Coupe d’Europe depuis 1970 (contre le FC Cologne). Malheureusement ce match retour est pratiquement sans enjeu. Car les Sedanais ont été ridiculisés à l’aller en territoire tchèque (défaite 4-0). Ce cuisant échec coûta sa place à Alex Dupont, remplacé par son adjoint, Henri Stambouli. Au retour, devant 18000 spectateurs et les caméras d’Eurosport, les Ardennais ont sauvé leur honneur en gagnant  3-1 (un doublé du belge Toni Brogno (53è et 55è) et N’Diefi (30ème)).


 Billet de match Sedan/Pribram


 Programme de match Sedan/Pribram.

 

_ 29 octobre 2010 : Les 10 ans du stade Dugauguez sont célébrés !

En atomisant l’équipe de Vannes (4-0 avec des buts de Fauvergue, Allart et un doublé de Karaboué), le CSSA de Landry Chauvin a pris les commandes de la Ligue 2. Les 19 199 spectateurs ont pu fêter la première décennie de leur stade préféré ! La majorité des joueurs de l’édition 2000/2001 avait pu répondre présents ! Et ont même terminé la soirée au Club House.

Le premier bilan établit alors un nombre de 217 matches disputés pour  2 418 197 spectateurs ayant franchi les portes du stade. Après deux lustres d’existence, la moyenne/match s’établit à 11 144 personnes, soit un taux de remplissage de 48,06%.

A signaler qu’aucune festivité ne fut planifiée pour les 20 ans du stade en raison de la crise sanitaire du Covid-19.

 

Affiche éditée par la ville de Sedan pour les 10 ans du stade Dugauguez.


 Un son et lumière avait été organisé par le club pour l’après-match.


 Cédric Mionnet, Pius N’Diefi et Jean-Louis Montero reviennent sur le terrain de leurs exploits passés (Photo CSSA).

 

Note : Au niveau du choix des commémorations à Dugauguez, j’aurais pu également choisir le match des 90 ans (contre Vannes, le 11/09/2009) ou le match du Centenaire (contre Sainte-Geneviève, le 14/09/2019).

 

_ 24 mai 2013 : Le dernier match professionnel à Louis-Dugauguez.

 

Dans un stade qui sonne bien creux (environ 5000 fidèles sont là), une saison morose, difficile, longue, et accablante se termine. L’homme fort du club depuis une vingtaine d’années (Pascal Urano) souhaite se désengager depuis quelque temps. Pour le moment, aucun repreneur fiable n’a encore racheté le club et les installations de Montvillers. Les supporters sont inquiets. Un collectif « Sedanais à jamais » a été créé via les réseaux sociaux pour mobiliser les pouvoirs publics. Sur le terrain, le groupe de Laurent Guyot a été fortement affaibli à l’intersaison sans investissement notable dans le recrutement. Ce soir de mai, Sedan déjà relégué en National, fait match nul 2-2 contre Angers grâce à un doublé de Mickaël Le Bihan.

A cet instant précis, Sedan ne sait pas encore qu’il va vivre un été douloureux marqué par un dépôt de bilan, et la reprise du club par les frères Dubois en CFA2, autrement dit le début de la « décennie perdue ». A cet instant précis, le stade Dugauguez ne sait pas encore qu’il vient de vivre son dernier match en pro jusqu’à…


 Naïm Sliti, un jeune joueur prometteur du CSSA, dispute son dernier match avec le maillot vert et rouge contre Angers.


 Une de « L’Ardennais » du 25/05/2013.

 

_ 4 mai 2024 : La seule montée en division supérieure obtenue à Dugauguez.

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, Sedan n’avait encore jamais disputé une montée à la maison en 25 ans de vie à Dugauguez ! Toutes les ascensions réussies au XXIème siècle l’avaient été à l’extérieur (à Reims en 2006 et 2014, à Roye en 2015, par décision administrative de la FFF en 2021, et à Charleville en 2025). Devant 1910 spectateurs officiels (c’est-à-dire payants, mais bien davantage en réalité), le Sedan renaissant d’Amadou Kaba et du président Guérin quittait ainsi la R3 où notre cher CSSA était tombé après le terrible et meurtrier été 2023. La ‘’Remontada’’ du CSSA est lancée ! Sedan s’imposa 4-0 contre l’Entente de Charleville avec des réalisations de Soumah, Karamoko, Zanier et Saghir. La fête fut belle entre les joueurs et leurs supporters avec ce football amateur, vrai, joyeux et sans fard !


   

Communion entre le public sedanais et ses joueurs, parmi lesquels le capitaine Axel Villière,

extatique devant l’Aileron (Photo Claude Lambert).


 

Une du cahier des sports de « L’Ardennais » (6/05/2024).

 

Pour aller plus loin :

_ Se plonger dans une bibliographie :

- Yanny Hureaux, « Une laryngite chronique », Le Défi de Sedan (1982, pp. 19/24).

- Claude Lambert, « ‘’M’sieur Louis’’ », Ardents Ardennais (1993, pp. 33/48).

- Michaël Delépine, « Sedan. Stade Louis-Dugauguez », Les stades du football français (2018, 4p.).

- Didier Louis, « Louis Dugauguez, la légende du football sedanais », Les mémoires de Yanny Hureaux (2024, pp. 168/173).

 

_ Lire dans la presse : 

- Dominique Maingé, « Dugauguez : mort d’un révolutionnaire », L’Ardennais, 23/09/1991.

- Claude Lambert, « Louis Dugauguez, sélectionneur des Bleus en 1967 » (allezsedan.com, « Les Chroniques du passé », 04/07/2006).

- Collectif, « Le stade Dugauguez a 10 ans », supplément de L’Ardennais, 27/10/2010 (8p.).

- « L’héritage de Louis Dugauguez toujours intact », Une de L’Ardennais, 21/02/2018.

- Claude Lambert, « M’sieur Louis centenaire », L’Ardennais, 21/02/2018 (2p.)

- « Le stade Louis-Dugauguez, 20 ans déjà… », L’Ardennais, 7/12/2020.

- Aurélien Avigliano, «Dugauguez, la 400ème rugissante », L’Ardennais, 12/12/2021.

 

_ Ecouter à la radio :

Marc Barreaud, « Louis Dugauguez, des sangliers aux coqs » (RCF, « Chronique sport », 21/11/2016).

 

_ Visionner les vidéos : 

- Emission spéciale sur Louis Dugauguez (FR3, « 3ème mi-temps », 29/09/1991, 39 mns).

- Jean-François Dromby, « Le dernier coup de monsieur Louis », CDDP des Ardennes, ville de Sedan, 2000, 30 mns.

 

_ Regarder les photos de la construction du stade Dugauguez (2000-2003) sur le site internet « Un nouveau stade à Sedan » du regretté Francis Sicot : http://fsgiv.chez-alice.fr/stade/

 

Maquette miniature du stade Dugauguez, longtemps en vente à la boutique du club.

 

Conclusion :


 Photo du Facebook CSSA officiel (juillet 2022)

Le club de football de Sedan s’est ainsi doté au tournant du nouveau millénaire d’un magnifique stade flambant neuf, qui fait la fierté des Ardennes !

L’anniversaire du quart de siècle de Dugauguez pourrait coïncider avec les réceptions de Villerupt ou d’Amnéville (prévues les 4/10 et 25/10) en Régional 1.

Au début, les critiques ont pu dire qu’il était quelque peu aseptisé, longtemps impersonnel et sans âme.

Peut-être manque-t-il certains de ces matches de légende qui font l’histoire d’un stade.

Il n’y a jamais eu par exemple de demi-finale de Coupe, ou de grandes montées jouées à Dugau…

N’oublions pas aussi le poids d’Albeau dans la mémoire collective des supporters !

D’aucuns ont aussi pu affirmer qu’il était démesurément trop grand… Ce n’est peut-être pas complétement faux.

Si Dugau était régulièrement bien garni dans les années L1/L2, il sonne un peu vide depuis quelques temps… en attendant la nouvelle épopée des Sangliers.

Outre l’aspect sportif, ce nouveau stade donne au CSSA et à la ville de Sedan une vitalité économique, en terme d’emplois, d’entretien, de places VIP, de loges…

Progressivement, et après une longue maturation, les groupes de supporters ont trouvé leur emplacement dans le stade. Ils ont fréquemment changé de lieu avant de s’installer avec à-propos dans l’Aileron Sud-Est où l’ambiance est garantie ! Non sans rappeler la tribune où le Kop d’Albeau ambiançait le stade.

Pour son anniversaire, le stade Dugauguez se dote, via Ardenne Métropole, d’une pelouse synthétique dernière cri !


 Premier entrainement des Sedanais version 2025/2026 sur la nouvelle pelouse synthétique

(Photo CSSA Association, 15/08/2025).

Et l’année prochaine d’un nouvel éclairage ! En attendant certainement d’autres rénovations, et rafraichissement à venir, pour les prochains lustres !

Il conviendrait également que les supporters s’approprient encore davantage leur stade.

Au-delà du traditionnel Club-House, il y a de nombreuses possibilités pour embellir le stade, les travées…


 Buvette de la traversée du 1er étage de la tribune d’honneur.

Avec les fresques de CS Sedan Vintage ?

Avec Un Musée digne de ce nom, via l’archiviste-collectionneur du club depuis un demi-siècle, Claude Lambert ?

A l’instar d’un Woinic footballistique, l’érection de statues sur le parvis du stade, à l’effigie d’illustres anciens, tel Claude Brény, meilleur buteur du club, ou Max Fulgenzy, recordman de matches avec le blason Vert et Rouge !

Avec une nomination (enfin !) des tribunes ? Il faudra déjà le faire pour le nouveau Centre d’entrainement Albeau, en nommant les terrains des glorieux formateurs de l’Ecole Sedanaise.

Si la présidentielle s’appelle Billaudelle, les 3 autres sont sans nom…

Une tribune Laurant ? Une tribune Trubert ? Une tribune Schmitt ?

Sans omettre des plaques en mémoire pour des Anciens moins connus… André Bois ?

 

Fresque numérique du Facebook CS Sedan Vintage (2018).

 

Et longue vie à Louis-Dugauguez !

 

Pour résumer les différents terrains et stades sedanais :

 

Fin XIXème/début XXème siècle – 1914 : Champ de manœuvre et Prairie de Torcy, Collège Turenne, Place du château.

1919-1924 : Stade Jean Stackler.

1924-1936 : Stade du Bourrelet.

1933 -1993 : Stade vélodrome Emile Albeau Jean-François Dury.

1936-2000 : Stade Emile Albeau.

Depuis 2000 : Stade Louis Dugauguez.

 

Thomas DELAGE (Professeur d’Histoire)

 

De « Césarine », descendante des illustres Dudule et Dora, faisant un tour d’honneur de Dugauguez,

quelques jours avant la finale de Coupe de France 2005 (Photo DR)…

 

… à la mascotte ''Dugau'' version 2025 arpentant les travées et les coursives de son stade

(Photo Facebook Camille Godin – Campicture)

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